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Cafards : pourquoi les bombes insecticides ne suffisent pas
Vous avez vidé une bombe, ils sont revenus trois semaines plus tard. Ce n’est pas de la malchance : c’est la façon dont vivent les blattes.
Vous allumez la cuisine la nuit et une demi-douzaine d’insectes bruns filent sous le four. Vous avez déclenché un diffuseur, fermé la porte, aéré le lendemain : quelques cadavres, puis plus rien. Trois semaines plus tard, ils sont de retour. Voici pourquoi.
Où vivent vraiment les cafards
Le cafard — le nom courant de la blatte — que l’on trouve dans les cuisines est le plus souvent la blatte germanique : petite, brun clair, deux bandes sombres derrière la tête. Elle cherche la chaleur, l’humidité et la nourriture.
Ce que vous voyez n’est qu’une petite partie de la population. Le reste se tient dans les fentes : derrière les plinthes, sous l’évier, dans les charnières des placards, le moteur du réfrigérateur, les gaines techniques qui traversent l’immeuble. Les blattes ne sortent que la nuit, et si vous en voyez le jour, c’est souvent que les cachettes sont pleines.
Ce que fait une bombe, et ce qu’elle ne fait pas
La bombe traite la pièce ; le gel traite la cachette.
- Elle n’atteint pas les cachettes. Le produit se dépose sur les surfaces exposées. Les blattes logées au fond d’une fente, derrière un meuble ou dans une cloison ne sont pas touchées.
- Elle disperse. Beaucoup d’insecticides ménagers sont répulsifs : les blattes fuient le produit. Elles changent de pièce, ou passent chez le voisin par les gaines, et reviennent quand l’odeur s’est dissipée.
- Elle ne tue pas les œufs. La femelle pond ses œufs dans une petite capsule brune et dure, l’oothèque, qu’elle garde accrochée à son abdomen jusqu’à l’éclosion. Les produits pulvérisés ne la traversent pas : les jeunes naissent après le passage de la bombe.
- Elle entretient la résistance. Des populations de blattes germaniques résistantes à plusieurs familles d’insecticides courants sont décrites depuis longtemps. Répéter le même produit sélectionne les plus résistantes.
Pourquoi le gel appât marche mieux
Le gel appât est un insecticide mélangé à un aliment attractif, déposé en petits points près des cachettes : charnières, dessous d’évier, arrière du four. La blatte le mange, retourne dans sa cachette, et y meurt. Ses congénères, qui se nourrissent de ses déjections et de son cadavre, sont touchées à leur tour.
Il agit lentement, et c’est voulu : un produit qui tuerait sur place ne serait jamais ramené dans le nid. Les premiers jours, vous pouvez même voir davantage de blattes : elles sortent, affaiblies.
Le gel ne fait pas tout. Il faut qu’il soit la nourriture la plus facile d’accès : pas de miettes, de vaisselle sale la nuit ni de poubelle ouverte. Ne pulvérisez pas d’insecticide à côté : il ferait fuir les blattes loin du gel.
Quand faire appel à un professionnel
En immeuble, une infestation se traite rarement dans un seul logement : les blattes circulent par les gaines et les colonnes. Un professionnel repère les foyers, choisit les produits et revient contrôler. La même logique vaut pour les punaises de lit, qu’un produit mal employé disperse aussi.
Une règle, enfin : jamais de produit acheté sur un marché ou sans étiquette en français. L’Anses et les autorités sanitaires alertent sur des insecticides interdits en France depuis 2013, vendus contre les cafards et les punaises de lit, et responsables d’intoxications graves.
À retenir
- Les cafards visibles ne sont qu’une petite partie : le reste vit dans les fentes.
- Une bombe ne touche ni les cachettes ni les œufs, et fait fuir les insectes chez les voisins.
- Le gel appât, en petits points près des cachettes, est ramené au nid : c’est ce qui le rend efficace.
- Nourriture inaccessible, pas de spray à côté du gel, et un professionnel en immeuble.