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Nid de frelons asiatiques : que faire, et qui appeler ?

Un nid dans le jardin n’impose pas de tout lâcher, mais il ne se détruit pas soi-même. Le reconnaître, le signaler, et ce que change le plan national de septembre 2026.

Une boule grise dans le haut d’un chêne, que les feuilles qui tombent laissent voir. Ou une petite sphère de papier sous l’avant-toit du cabanon. Vous pensez « frelon asiatique », et vous vous demandez s’il faut agir, qui prévenir, et qui paie.

Est-ce bien un frelon asiatique ?

Le frelon asiatique — son nom officiel est désormais frelon à pattes jaunes — a le corps sombre, presque noir, avec une seule bande orangée sur l’abdomen et le bout des pattes jaune. Le frelon européen, plus gros, a l’abdomen jaune rayé de noir et les pattes brunes. Il est indigène et ne fait pas l’objet de la même lutte.

Les nids se distinguent aussi. Celui du frelon asiatique a une entrée sur le côté, petite. Celui du frelon européen s’ouvre largement vers le bas, et se trouve dans un tronc creux, un grenier, un abri, jamais à la cime d’un arbre.

Un nid au printemps, un autre à l’automne

La colonie change de nid au cours de l’année, et c’est ce qui décide de l’urgence.

Schéma du cycle d’un nid de frelons asiatiques sur l’année : au printemps un petit nid primaire, à hauteur d’homme, sous un abri ; de l’été à l’automne un grand nid secondaire, souvent en haut d’un arbre ; en hiver le nid est vide et n’est jamais réutilisé. En hiver, un nid vide ne sert plus à rien : inutile de le faire détruire.

  • Au printemps, la reine fonde seule un nid primaire, petit, souvent à hauteur d’homme sous un abri : avant-toit, cabanon, garage.
  • De l’été à l’automne, la colonie construit en général un nid secondaire, bien plus grand, souvent haut dans un arbre. Les services de l’État dans les Hauts-de-France indiquent qu’il peut atteindre 80 cm de diamètre.
  • En hiver, les ouvrières meurent avec les premiers froids. Le nid est abandonné et jamais réutilisé l’année suivante : le détruire ne sert à rien.

Ce qu’il faut faire

  1. Gardez vos distances. Restez à plusieurs mètres d’un nid actif, éloignez enfants et animaux, fermez les fenêtres qui donnent dessus. Pas de tondeuse, de taille-haie ni de secousse à proximité : c’est le bruit et les vibrations qui déclenchent les attaques.
  2. Ne le détruisez pas vous-même. Pas de jet d’eau, pas de feu, pas de coup de bâton, pas de produit pulvérisé à distance. Un nid percé libère la colonie entière. Comme avec les bombes contre les cafards, un produit qui n’atteint pas le cœur de la colonie ne fait que la disperser.
  3. Signalez-le. Commencez par la mairie : elle sait à qui s’adresser dans votre département, et si une aide existe localement. Certains départements disposent aussi d’une plateforme de signalement en ligne.
  4. Faites intervenir un professionnel si le nid présente un risque : près d’une porte, d’une terrasse, d’une école, d’un passage. Le traitement se fait par injection d’insecticide directement dans le nid, de préférence tôt le matin ou à la tombée de la nuit, quand toute la colonie est rentrée.

Un nid haut perché, loin de tout passage, en fin d’automne, ne présente souvent aucun danger : le laisser mourir avec l’hiver est une option honnête.

Qui appelle-t-on, qui paie ?

Les pompiers n’interviennent plus, dans de nombreux départements, sur un terrain privé, sauf danger immédiat. En cas de piqûres multiples ou de malaise, appelez le 15 ou le 112.

La loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 a organisé la lutte : un plan national, adopté par un arrêté publié au Journal officiel le 16 septembre 2026, puis des plans départementaux que chaque préfet doit arrêter dans les six mois. Ce sont eux qui fixeront, département par département, comment les nids sont signalés et détruits. La loi n’impose pas au propriétaire de détruire un nid, et ne crée pas de prise en charge générale : aujourd’hui, selon les communes, la destruction reste à vos frais, ou est aidée en partie. Renseignez-vous en mairie avant de commander une intervention.

À retenir

  1. Pattes jaunes, corps sombre, entrée sur le côté : c’est un frelon asiatique.
  2. Distance, pas de bruit, jamais de destruction soi-même.
  3. Mairie d’abord : elle connaît la procédure et les aides locales.
  4. Un nid vide en hiver ne se détruit pas : il ne sera pas réoccupé.
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