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Pigeons sur le toit ou dans les combles : que peut-on faire légalement ?
Des fientes sur le rebord, des roucoulements sous les tuiles. Le pigeon des villes n’est pas un nuisible qu’on élimine : ce que la loi permet, ce qu’elle interdit, et ce qui marche.
Des roucoulements tous les matins sous la toiture. Des fientes sur le rebord de la fenêtre, sur la voiture, dans le chéneau. Et, en montant dans les combles, un nid de brindilles posé dans un coin. Vous voulez que ça s’arrête, et vous vous demandez ce que vous avez le droit de faire.
Le pigeon des villes est un animal domestique
Le pigeon qui niche sous les toits des villes est le plus souvent le pigeon biset. L’arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des animaux domestiques le range parmi eux. Conséquence : le Code pénal le protège des mauvais traitements et des actes de cruauté (articles 521-1, R. 653-1 et R. 654-1).
Concrètement, chez vous :
- pas de poison, pas de glu, pas de piège qui blesse ;
- pas de tir : le pigeon biset figure aussi parmi les espèces chassables, mais la chasse a ses règles et ses lieux, et un toit en ville n’en fait pas partie ;
- pas de nid détruit avec des petits dedans.
La régulation de la population, elle, relève de la commune : c’est le maire qui organise, s’il le juge utile, des captures ou des pigeonniers où les œufs sont contrôlés.
Ce que vous pouvez faire : fermer
La réponse efficace n’est pas de faire fuir les pigeons, mais de leur retirer les endroits où se poser et nicher. C’est même une obligation : le règlement sanitaire départemental (article 120 dans la plupart des départements) demande aux propriétaires de fermer ou grillager les ouvertures par lesquelles les pigeons entrent et nichent, et d’entretenir ces protections.
Un pigeon qui ne peut ni se poser ni entrer va ailleurs, sans qu’on lui fasse de mal.
- Picots ou fils tendus sur le faîtage, les rebords de fenêtre, les corniches : ils empêchent de se poser sans blesser.
- Grillage métallique sur les chatières (les petites ouvertures d’aération des tuiles), les trous dans les murs, les jours sous les rives de toit.
- Filet sous un balcon, une avancée, un auvent où ils nichent.
Les répulsifs sonores, les leurres de rapaces et les gels ont souvent un effet de courte durée : les pigeons s’y habituent.
Un nid dans les combles
Regardez d’abord s’il est occupé. Avec des œufs ou des petits, attendez que les jeunes aient pris leur envol — quelques semaines — puis retirez le nid et fermez l’accès aussitôt. Fermer avec des oisillons à l’intérieur, c’est les condamner.
Assurez-vous aussi qu’il s’agit bien de pigeons. Martinets, hirondelles, choucas ou chouettes effraies nichent aussi sous les toits, et ces oiseaux sont protégés par l’arrêté du 29 octobre 2009 : leur nid ne se retire pas.
Les fientes : nettoyer sans risque
Les fientes de pigeon peuvent transmettre des maladies, dont l’ornithose (une infection pulmonaire). Le risque vient surtout de la poussière des fientes sèches. Pour nettoyer :
- humidifiez d’abord les fientes, ne les balayez jamais à sec ;
- portez des gants et un masque filtrant de type FFP2 ;
- ramassez, mettez en sac fermé, puis lavez la surface.
Pas d’aspirateur ménager : il remet la poussière en l’air. C’est le même principe que pour les crottes de rongeurs.
Et les voisins qui nourrissent ?
Jeter ou déposer de la nourriture qui attire les pigeons est interdit par le même règlement sanitaire départemental, sur la voie publique comme dans une cour ou un jardin si cela gêne le voisinage. C’est une contravention. La mairie peut le rappeler, et le constater.
À retenir
- Le pigeon biset est un animal domestique : ni poison, ni glu, ni piège qui blesse.
- Picots, grillage, filets : on empêche de se poser et d’entrer.
- Nid occupé : on attend l’envol des jeunes, puis on ferme aussitôt.
- Fientes humidifiées, gants et masque ; nourrissage à signaler en mairie.