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Dératisation : comment ça se passe, et qui la prend en charge ?
Une inspection, des boîtes d’appâts, plusieurs passages. Ce que fait vraiment un dératiseur, ce qu’on vous demandera, et qui paie : propriétaire, locataire, copropriété ou mairie.
Vous entendez des rats dans le garage, ou vous avez trouvé des crottes dans la cave, et vous allez faire venir un dératiseur. Deux questions se posent tout de suite : comment ça se passe, concrètement, et qui prend en charge la dépense ?
Une dératisation, ce n’est pas une seule visite
Une dératisation sérieuse se déroule en plusieurs temps, sur quelques semaines.
Le traitement s’arrête quand les appâts ne sont plus touchés, pas au bout d’un nombre fixe de visites.
- L’inspection. Le technicien cherche les signes — crottes, traces de dents, traînées grasses — et surtout les passages : tuyaux, grilles d’aération, fissures, regards. Il détermine s’il s’agit de rats ou de souris, ce qui change la méthode.
- La pose des postes d’appâtage. Un poste d’appâtage est une boîte fermée à clé, dans laquelle l’appât est fixé. Les boîtes sont placées le long des murs, sur les trajets des rongeurs, et souvent numérotées sur un plan.
- Les visites de contrôle. Le technicien revient, relève ce qui a été consommé dans chaque boîte et recharge. Tant que les appâts disparaissent, le traitement continue.
- Le bouchage et le bilan. Quand plus rien n’est touché, il reste à fermer les accès. Sans ça, une autre colonie s’installera. Pour savoir où chercher, voyez comment reconnaître des rats ou des souris et leurs passages.
Les produits utilisés par les professionnels sont réservés aux titulaires du Certibiocide, un certificat individuel obligatoire depuis le 1er juillet 2015 (arrêté du 9 octobre 2013). Vous pouvez le demander.
Enfants et animaux : les précautions
- Ne déplacez pas et n’ouvrez pas les boîtes : leur emplacement est choisi, et elles sont faites pour qu’un enfant ou un chien n’atteigne pas l’appât.
- Ne touchez pas un rongeur mort à mains nues : gants, sac fermé, poubelle.
- Signalez au technicien la présence d’un chat, d’un chien, de lapins, de poules. Il en tiendra compte pour placer les boîtes.
- En cas d’ingestion d’un appât par un enfant, appelez un centre antipoison ; pour un animal, votre vétérinaire, sans attendre : les effets des appâts les plus courants n’apparaissent qu’au bout de plusieurs jours.
Qui prend en charge la dératisation ?
- Vous êtes propriétaire occupant : c’est à vous. Le règlement sanitaire départemental (dans la plupart des départements, son article 119) oblige les propriétaires à empêcher l’entrée des rongeurs et à les détruire.
- Vous êtes locataire : le bailleur doit fournir un logement exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites (article 6 de la loi du 6 juillet 1989, modifié par la loi ELAN du 23 novembre 2018). Si les rats étaient là à votre arrivée, ou viennent de l’extérieur du logement, c’est à lui. Il peut vous en demander le coût s’il prouve qu’un défaut d’entretien de votre part en est la cause.
- En copropriété : caves, local poubelles, cour, vide sanitaire sont des parties communes. C’est au syndic de faire traiter, aux frais de la copropriété. Pour un locataire, la dératisation ne figure pas dans la liste des charges récupérables du décret n° 87-713 du 26 août 1987.
- La mairie ne paie pas le traitement d’une propriété privée, mais elle agit sur la voie publique et les égouts, et peut mettre en demeure un voisin qui laisse proliférer les rats. Certaines communes proposent aussi un service de dératisation aux habitants : renseignez-vous. Voir rats chez le voisin ou dans l’immeuble : qui doit agir.
Ce qui fait varier un devis : la surface, le nombre de boîtes, le nombre de visites, l’accès aux combles ou au vide sanitaire, et les travaux de bouchage s’il faut les faire.
À retenir
- Une dératisation, c’est une inspection, des boîtes d’appâts fermées, plusieurs visites, puis le bouchage des accès.
- Ne déplacez jamais les boîtes ; centre antipoison ou vétérinaire en cas d’ingestion.
- Propriétaire occupant : vous. Locataire : le bailleur, sauf faute prouvée. Parties communes : le syndic.